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Ambassade d'Honoré d'Urfé

 

(a) L'ambassade d'Honoré d'Urfé pour Marie de Médicis, auprès du duc Charles-Emmanuel I er de Savoie, est officieuse. Mais elle contribue à sortir Honoré d'Urfé de la suspicion dans laquelle il est depuis 1595. L'ambassadeur officiel de Marie de Médicis auprès du duc de Savoie est Bullion. L'ambassadeur du duc à Paris est Monsieur de Jacob. Le conseil de régence du 10 novembre 1610 décide d'une ambassade extraordinaire d'Aymery Jaubert, comte de Barrault, à la cour de Turin. A Chambéry, le 6 mars 1611, il dit au président Antoine Favre que :

 

- <<La retardation du mariage ne procédait que de l'âge de Madame de France, et non d'aucun refroidissement qui soit advenu en la volonté de la Reine ou de son conseil. (F. Mugnier, "Correspondance du président Favre)>>.

 

(b) Pour sa part, Honoré d'Urfé doit calmer l'impatience du duc et réduire ses soupçons. Sa mission secrète n'est connue que du comte de Barrault et du résident de France à Turin, Gueffier. De Paris, Honoré passe par Châteaumorand, d'où Diane l'accompagne jusqu'à Virieu-le-Grand. Honoré d'Urfé arrive à Turin le 13 février 1611. Le but est de gagner du temps pour :

 

- ne pas appliquer littéralement le traité provisoire de Bruzol (25 avril 1610) ;

 

- préparer le traité franco-espagnol, signé secrètement à Fontainebleau, le 36 avril 1611.

 

(c) Honoré d'Urfé s'efforce de faire patienter le duc, pour le pousser à désarmer ses états, mais, dans le même temps, Barnabo Barbo, connétable de Castille lui fait des promesses et des français le poussent à s'allier à l'Angleterre en mariant son fils à la fille de ce roi. De Turin, par lettre, le 16 mars 1611, Honoré d'Urfé rend compte de sa mission à Villeroy :

 

- <<(...) Il y a encore ici une sorte d'hommes intéressés qui, encore que Français, figurent mille chimères à ce prince, et parce que j'en ai parlé fort clairement à monsieur de Barros et à monsieur Gueffier, et que c'est chose que je n'oserais fier à ce papier sans chiffre, je m'en remettrai à ce qu'il jugera être nécessaire de vous faire savoir. Tant y a que ceux-ci le portent merveilleusement aux entreprises, et lui promettent des assistances des personnes qui, je m'assure, ne le feraient pas ; mais ces promesses ne laissent d'avoir une grande force sur l'esprit de ce prince, qui de son naturel y est fort poussé. Et pour mieux le lui persuader, mettent en avant de certains mariages que je ne juge guère à propos. Tant y a que pour avoir contrarié à tous ces desseins, et lui avoir conseillé ce que je devais pour son bien, et pour remettre à la volonté de la Reine, il est un peu refroidi envers moi, et semble qu'il s'en défie en quelque sorte. Mais je ne m'en soucie guère, puisqu'en cela je fais mon devoir. (...) Il est vrai que la prudence de Monsieur de Baros y est très nécessaire à cause des offres des Espagnols, et des mauvais Français qui sont ici, qui ont une grande force, trouvant l'humeur du duc disposée à recevoir leurs impressions. (...) Je vous supplie très humblement que cette lettre ne soit point vue avec ma signature, de peur que si quelqu'un de mal affectionné la voyait, cela ne m'ôta les moyens de rendre le service très humble que je dois à la Reine. Cependant je vous baiserai très humblement les mains, et vous supplierai de me tenir, Monsieur, pour votre serviteur très humble et très affectionné. Honoré d'Urfé. De Turin, le 16 mars 1611. (Lettre au duc de Villeroy)>>.

 

(d) Le bruit de bottes en Savoie poussait la France à surveiller sa frontière, au point qu'Honoré d'Urfé, sans lettre de mission officielle de la reine, eut toutes les peines du monde à passer le Rhône à Pierre-Châtel. Mais il semble que Marie de Médicis ait été satisfaite de l'influence d'Honoré d'Urfé. A partir de 1611, sa disgrâce, commencée en 1595, est terminée. Sa célébrité ne va cesser de croître, jusqu'à sa mort. En 1612, des lettres patentes du jeune roi transforment les seigneuries de Châteauneuf et de Virieu, en marquisat de Valromey.

 

(e) C'est le 10 février 1619 que Victor-Amédée de Savoie épouse Marie-Christine de France. Le mariage est béni par François de Sales. D'abord prince de Piémont, Victor-Amédée I er de Savoie est duc de Savoie de 1630 à 1337.

 

(f) Henri de Sourdis, archevêque de Bordeaux, marie Louis XIII et Anne d'Autriche. La comédie se renouvellera à Lyon, pour le mariage de Louis XIV.

 

(g) Voir Valteline. Maréchal de Biron. Montferrat. Henri II de Bourbon-Condé. Maison de Savoie. Pierre d'Escoubleau de Sourdis. Génération de L'Astrée. Guerre de la Valteline.

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