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Armand de Bourbon

 

Armand de Bourbon (1629-1666), prince de Conti.

 

(a) Armand de Bourbon, second prince de Conti, est né à Paris, le 11 octobre 1629. Il est mort à Pézenas, le 21 février 1666. Armand de Bourbon est le fils d'Henri II de Bourbon-Condé (1558-1646). Armand est le frère du Grand Condé, c'est-à-dire Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686).

 

(b) Ce cadet fut d'abord destiné à la vie d'Eglise. Briguant le titre de cardinal il s'opposait à la nomination de Jean-François Paul de Gondi (1613-1679), alors coadjuteur de son oncle, Henri de Gondi, archevêque de Paris. Sa sœur, Anne Geneviève de Bourbon-Condé, célèbre duchesse de Longueville, l'entraîne dans la Fronde. Arrêté sur ordre de Mazarin, Armand est enfermé au Havre en 1650-1651.

 

(c) Un marchandage secret envisage le mariage de l'un (Conti) avec la maîtresse (Mademoiselle de Chevreuse) de l'autre (Retz), pour confier au second le chapeau cardinalice que le premier voulait tant.

 

- <<Mlle de Chevreuse, qui avait plus de beauté que d'agrément, était sotte jusques au ridicule par son naturel. La passion lui donnait de l'esprit et même du sérieux et de l'agréable, uniquement pour celui qu'elle aimait ; mais elle le traitait bientôt comme ses jupes : elle les mettait dans son lit quand elles lui plaisaient ; elle les brûlait, par une pure aversion, deux jours après. (Cardinal de Retz, "Mémoires")>>.

 

- <<Je trouvai Mlle de Chevreuse aimable ; je me liai intimement avec Mme de Rhodes, bâtarde du feu cardinal de Guise, qui était bien avec elle ; je fis chemin, je ruinai dans son esprit le duc de Brunswick de Zell, avec qui elle était comme accordée. Laigue, qui était une manière de pédant, me fit quelque obstacle au commencement ; la résolution de la fille et la facilité de la mère le levèrent bientôt. Je la voyais tous les jours chez elle, et très souvent chez Mme de Rhodes, qui nous laissait en toute liberté. Nous nous en servîmes ; je l'aimai, ou plutôt, je la crus aimer, car je ne laissai pas de continuer mon commerce avec Mme de Pommereux. (Cardinal de Retz, "La Vie du cardinal de Rais")>>.

 

- <<Le mariage de Mlle de Chevreuse avec M. le prince de Conti fut stipulé dans ce traité, car vous croyez bien qu'il n'en avait pas été fait de mention dans le mien ; et la promesse de ne point s'opposer à ma promotion y fut aussi insérée, mais par rapport à l'article du mariage, et en marquant expressément que Monsieur ne m'avait pu faire consentir à recevoir pour moi cette parole de Monsieur le Prince, qu'après m'avoir fait voir que le changement de profession de monsieur son frère ne lui laissait plus aucun lieu d'y prétendre pour lui. (Cardinal de Retz, "Mémoires")>>.

 

- <<Je fis mon ambassade à Monsieur le Prince, je mis entre ses mains la prêtention de mon chapeau, j'y mis le mariage de Mlle de Chevreuse. Il s'emporta contre moi, il jura, il me demanda pour qui je le prenais. Je sortis persuadé, et je le suis encore, qu'il avait toute l'intention de l'exécuter. (Cardinal de Retz, "Mémoires")>>.

 

- <<Comme j'étais, le lendemain au matin, dans la chambre de Mme de Chevreuse, le président Viole y entra, fort embarrassé, à ce qui nous parut. Il se démêla de l'ambassade qu'il avait à porter, comme un homme qui en était fort honteux. Il mangea la moitié de ce qu'il avait dire, nous comprîmes par l'autre qu'il venait déclarer la rupture du mariage. Mme de Chevreuse lui répondit galamment. Mlle de Chevreuse, qui s'habillait auprès du feu, se mit à rire. Vous jugez bien que nous ne fûmes pas surpris de la chose ; mais je vous avoue que je le suis encore de la manière : je n'ai jamais pu la concevoir ; mais, qui plus est, je n'ai jamais pu me la faire expliquer. J'en ai parlé mille fois à Monsieur le Prince, j'en ai parlé à Mme de Longueville, j'en ai parlé à M. de La Rochefoucauld. Aucun d'eux ne m'a pu alléguer aucune raison de ce procédé, si peu ordinaire en de pareilles occasions, où l'on cherche au moins toujours des prétextes. L'on dit après que la Reine avait défendu cette alliance, et je n'en doute pas ; mais je sais bien que Viole n'en dit pas un mot dans son compliment. Ce qui est encore de plus étonnant est que Mme de Longueville m'a dit vingt fois, depuis sa dévotion, qu'elle n'avait point rompu ce mariage ; que M. de La Rochefoucauld me l'a confirmé, et que Monsieur le Prince, qui est l'homme du monde le moins menteur, m'a juré d'autre part qu'il n'y avait ni directement ni indirectement contribué. Comme je disais un jour à Guitaut que cette variété m'étonnait, il me répondit qu'il n'en était point surpris, parce qu'il avait remarqué, sur beaucoup d'articles, que Monsieur le Prince et Madame sa soeur avaient oublié la plupart des circonstances de ce qui s'était passé dans ces temps-là. Faites réflexion, je vous supplie, sur l'inutilité des recherches qui se font tous les jours, par les gens d'études, des siècles qui sont plus éloignés. (Cardinal de Retz, "Mémoires")>>.

 

(d) La fille de la duchesse de Chevreuse meurt d'une maladie subite.

 

- <<La pauvre fille mourut d'une fièvre maligne, qui l'emporta en vingt-quatre heures, devant que les médecins se fussent seulement doutés qu'il pût y avoir le moindre péril à sa maladie. Je la vis un moment, avec Madame sa mère, qui était au chevet de son lit, et qui ne s'attendait rien moins qu'à la perte qu'elle en fit le lendemain matin à la pointe du jour. (Cardinal de Retz, "Mémoires")>>.

 

(e) En 1654, Armand de Bourbon fait la paix en épousant une nièce (autre que Mancini) du cardinal Mazarin et devient gouverneur de Guyenne. Il commande en Catalogne en 1655 et en Italie en 1657. Jules Mazarin meurt en 1661. Armand de Bourbon épouse Anne-Marie Martinozzi (1637-1672). Cette nièce de Mazarin est la fille de Géronimo Martinozzi et de Laura Mazzarini (autre soeur de Mazarin). Armand de Bourbon et Anne-Marie Martinozzi ont deux fils : Louis-Armand et François-Louis.

 

(f) Après Gaston d'Orléans, à Paris, Armand de Bourbon est, à Lyon, le protecteur de Molière et de Madeleine Béjart (mère ou soeur d'Armande). En mai 1657, atteint de la syphilis, Armand de Bourbon devient hostile au théâtre. S'adressant à ce qui est alors la troupe du prince de Conti, il "leur fait dire de quitter son nom". Armand de Bourbon se lance dans la dévotion religieuse. Comme la duchesse de Longueville, il est influencé par le mouvement des Jansénistes.

 

(g) A sa mort, l'éducation de ses deux jeunes fils est confiée à Claude Lancelot.

 

(h) Après Armand de Bourbon, le troisième prince de Conti est son premier fils, Louis Armand de Bourbon (Paris, 4 avril 1661 ; Fontainebleau, 9 novembre 1685).

 

(i) Voir Génération de L'Astrée. Paul V. Montausier. Mancini.

 

 

 

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