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Baron

 

(a) Un baron est un seigneur féodal. Il a un suzerain et des vassaux. A ce titre, il gère des relations entre hommes.

 

(b) Le fief dont le baron a la tenure est une baronnie. Cette institution organise des relations entre terres. Peu à peu, les deux types de relations (hommes, terres) se séparent, contribuant à un clivage des représentations que traduit l'ambiguïté du mot châtellenie.

 

(c) Un baron dépend d'un comte. Le comte tient le comté où il exerce sa domination. Le comte dépend d'un duc, parfois apanagé. Le duc ne dépend que du roi. Cette hiérarchie des titres et des responsabilités vise à rappeler que le domaine tenu par une famille seigneuriale (vassale) est la possession d'un roi (suzerain). Avant 1789, la propriété n'est pas un principe souverain. La tenure fut la possession d'un fondateur, l'ancêtre du suzerain. Il le confia à des feudataires, les ancêtres des vassaux.

 

- <<Les titres honorifiques, tels que duc, comte, marquis et baron, sont honorables, en tant qu'ils signifient la valeur qu'y place le pouvoir souverain de la République, lesquels titres étaient dans les temps anciens des titres de fonction et de comman­dement, dont certains venaient des Romains, d'autres des Germains et des Français. Les ducs, duces en latin, étaient généraux en temps de guerre ; les comtes, comites [en latin], soutenaient le général de leur amitié, et on les chargeait de gouverner et défendre les places conquises et pacifiées ; les marquis, marchiones [en latin], étaient les comtes qui gouvernaient les marches, ou frontières de l'Empire. Lesquels titres de duc, comte et marquis, issus des coutumes de la milice germanique, s'introduisirent dans l'Empire à  peu près à l'époque de Constantin le grand. Mais baron semble avoir été un titre Gaulois et signifie un grand homme, tels les hommes que les rois et les princes employaient à la guerre autour de leur personne, et ce mot semble venir de vir, qui a donné ber et bar, qui avaient le même sens dans la langue des Gaulois que vir en Latin, et de là se sont formés bero et baro. Si bien que ces hommes furent appelés berones, et ensuite barones, et (en Espagnol) varones. (Thomas Hobbes, "Le Léviathan", traduction Philippe Folliot, chapitre 10, Du pouvoir, de la valeur, de la dignité, de l'honneur et de la compétence)>>.

 

(d) Depuis l'hérédité des fiefs (Charles le Chauve), la tenure féodale d'une génération découle de la tenure d'une autre génération. La féodalité est aussi une relation entre générations. Le mort saisit le vif.

 

(e) Connotations. Les barons furent d'abord de grands seigneurs du royaume (dangereux apanages). Leurs révoltes périodiques contre le roi (Praguerie, Guerre Folle) ont chargé le mot <baron> d'une valeur péjorative (calcul, révolte, dissimulation, double jeu, stratégie personnelle). C'est pourquoi, si le Parti Socialiste a ses "éléphants", le mouvement gaulliste a ses "barons".

 

(f) Voir Ecotay-l'Olme. La Roue. Quérézieux.

 

 

 

 

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