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Jean de La
Fontaine
Jean de La Fontaine
(1621-1695).
(A) Vie.
(a) Jean de La
Fontaine est né à Château-Thierry, le 7 ou le 8 septembre 1621. Il est mort à
Paris, le 13 avril 1695. Il est le fils aîné d'un couple formé par un noble
(maître des eaux et forêts, capitaine des chasses) et par une
bourgeoise (Françoise Pidoux, déjà veuve d'un riche marchand). Ces couples
étaient parfois réunis pour la redorure des blasons. En 1643, sa mère
est dame d'atour de Marguerite de Lorraine.
- <<J'accompagnai
Madame, et il n'y eut avec elle, dans cette cérémonie, que madame et
mademoiselle de Guise, la maréchale d'Étampes, dame d'honneur de Madame,
madame de Fontaine, sa dame d'atour, madame la comtesse de Fiesque, et moi. (Grande
Mademoiselle, "Mémoires de Mademoiselle de Montpensier,
petite-fille de Henri IV", Partie 1, Chapitre 3)>>.
(b) Le 27 avril
1641, Jean de La Fontaine entre, comme novice, à l'Oratoire. Les 18 mois qu'il
y passe lui permettent de lire L'Astrée. Puis il est reçu comme avocat à
la cour du Parlement de Paris.
(c) En 1646, avec Conrart, Patru, Tallemant des Réaux, Furetière et Maucroix, Jean de La Fontaine fréquente le cercle dit "Les Chevaliers de la Table ronde". Olivier Patru est un avocat réputé. Dans sa jeunesse, il a rencontré Honoré d'Urfé, peu avant la mort de ce dernier. Conrart est secrétaire de L'Académie française.
(d) En 1647, Jean de La Fontaine épouse Marie Héricart, 14 ans et demi, bourgeoise de Château-Thierry. Une séparation de biens est décidée en 1659. En 1652, La Fontaine achète une modeste charge des eaux et forêts, puis il hérite des deux charges de son père. En 1658, le surintendant des Finances, Fouquet, lui fait une pension. Dans le Salon de la surintendante, il cotoie Gombauld, Ménage, Pellisson (secrétaire de Fouquet) et Madeleine de Scudéry. En 1660, il fréquente l'abbé Le Vasseur et le jeune Jean Racine (un lointain parent de sa femme). Après l'arrestation de Fouquet (5 septembre 1661), une "Elégie aux nymphes de Vaux" (1662), plaidoyer pour son protecteur, lui vaut deux ans d'exil, en Limousin. En juillet 1664, la protection du duc de Bouillon lui obtient la charge de gentilhomme servant de Marguerite de Lorraine, veuve de Gaston d'Orléans. Du Palais du Luxembourg, La Fontaine fréquente l'Hôtel de Nevers, la princesse Palatine et la duchesse de Bouillon.
(e) En 1665, la censure interdit la ventes des "Contes" licencieux, ce qui a pour effet d'augmenter les ventes sous le manteau. Mais il publie aussi "La captivité de saint Malc" et un "Recueil de poésies chrétiennes".
(f) En 1672, à la mort de Marguerite de Lorraine, Jean de La Fontaine entre au service de
Madame de La Sablière. Il se rapproche du roi en fréquentant la
"chambre sublime" de Madame de Montespan.
- <<Eh
! qui connaît que vous les beautés et les grâces ?
Paroles et
regards, tout est charme dans vous.
Ma Muse, en
un sujet si doux,
Voudrait
s'étendre davantage ;
Mais il faut
réserver à d'autres cet emploi ;
Et d'un plus
grand maître que moi
Votre louange
est le partage.
Olympe, c'est assez qu'à mon dernier ouvrage
Votre nom
serve un jour de rempart et d'abri ;
Protégez
désormais le livre favori
Par qui j'ose
espérer une seconde vie ;
Sous vos
seuls auspices, ces vers
Seront jugés,
malgré l'envie,
Dignes des
yeux de l'Univers.
Je ne mérite
pas une faveur si grande ;
La Fable
en son nom la demande :
Vous savez
quel crédit ce mensonge a sur nous.
S'il procure
à mes vers le bonheur de vous plaire,
Je croirai
lui devoir un temple pour salaire :
Mais je ne
veux bâtir des temples que pour vous.
(La Fontaine à
Madame de Montespan)>>.
(g) En 1683, Jean de La Fontaine est élu à l'Académie française. Son discours de réception est le "Discours à Madame de La Sablière". Dans la querelle des Anciens et des Moderne, La Fontaine a de bons amis des deux côtés.
(h) Dans l'une de ses fables, en forme de discours, il rend hommage au duc François VI de La Rochefoucauld :
- <<Vous qui m'avez donné ce qu'il a de solide,
Et dont la modestie égale la grandeur,
Qui ne pûtes jamais écouter sans pudeur
La louange la plus permise,
La plus juste et la mieux acquise ;
Vous enfin, dont à peine ai-je encore obtenu
Que votre nom reçût ici quelques hommages,
Du temps et des censeurs défendant mes ouvrages,
Comme un nom qui, des ans et des peuples connu,
Fait honneur à la France, en grands noms plus féconde
Qu'aucun climat de l'Univers,
Permettez-moi du moins d'apprendre à tout le monde
Que vous m'avez donné le sujet de ces Vers.
(Jean de La Fontaine, "Fables", Livre X, Fable XIV. "Discours à Monsieur le Duc de La Rochefoucault")>>.
(i) La Fontaine meurt chez les D'Hervart, au service desquels il était depuis la mort (janvier 1693) de Madame de La Sablière.
(j) Voir Duc de Nevers.
(B) Oeuvres.
(a) Liste.
- L'Eunuque, 1654 ;
- "Adonis", dédié à Fouquet, 1658 ;
- Le songe de Vaux ;
- Elégie aux nymphes de Vaux, 1662 ;
- Relation d'un voyage de Paris en Limousin ;
- Les amours de Psyché et de Cupidon, 1669 ;
- Contes et nouvelles en vers, 1665-1675 ;
- Discours à Madame de La Sablière, 1679 ;
- Le Florentin, 1686 ;
- Fables, 1668-1694.
(b) Voir Belphégor. Chiasme. Dauphin. Diaphore. Débat. Enallage. Galathée. Ganymède. Hypallage.
Insigne. Ineffable. Innocence. L'Ours et l'amateur des jardins. La pareille. Le Loup et l'agneau. Les membres et l'estomac. Marquise de Sévigné. Mâtin. Le
Loup et l'agneau. Le
Corbeau et le renard. Primam
partem tollo. Phébus
et Borée.
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