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Maréchal de Biron
(a) Charles de Gontaut (1562-1602), duc de Biron, amiral (1592) et maréchal (1594) de France, est le fils d'Armand de Gontaut (1524-1592), baron de Biron, maréchal de France (1577).
(b) Auprès d'Henri de Navarre, Charles de Gontaut se signale aux batailles d'Arques et d'Ivry et aux sièges de Paris et de Rouen. Il devient le favori du roi Henri IV. Charles de Biron est gouverneur de Bourgogne en 1598.
(c) D'une ambition démesurée et d'une parfaite ingratitude, Charles de Biron conspire contre le roi, avec l'Espagne et la Savoie. Son complot démasqué, le maréchal est arrêté au mois de juin 1602. Biron refuse l'aveu qui lui aurait accordé le pardon du roi. Charles de Gontaut est décapité dans la cour de la Bastille, le 31 juillet 1602.
- <<Ladite année 1602, fut avéré une trahison qui se complotait contre le roi, par le maréchal de Biron, le prieur d'Auvergne et autres, et commença-t-on dès lors à faire bonne garde en cette ville de Lyon. (un chroniqueur lyonnais)>>.
(d) Le <prieur d'Auvergne> semble être Charles de Valois, comte d'Auvergne, présent dans la conspiration. Fidèle au duc de Savoie, Honoré d'Urfé fut longtemps soupçonné d'avoir trempé dans la conspiration du maréchal de Biron. Le gouverneur de Lyon était Philibert de la Guiche. <<Suivant le commandement de Sa Majesté>> de Guiche donna l'ordre d'arrêter Honoré d'Urfé et Gaspard de Genétines à Châteaumorand, de saisir leurs papiers et de les emprisonner à Lyon. L'ordre fut exécuté, le 13 juillet 1602 au petit jour, par Antoine Thomé, prévôt général de la maréchaussée au gouvernement de Lyon, son lieutenant, Jean de Châtillon et le lieutenant du Forez, Benoît Ranyne.
- <<Après avoir par plusieurs et diverses fois appelé, et pour être encore matin, nul répondant, avons fait donner trois chamades de trompettes, auxquelles plusieurs de la maison éveillés, se sont mis aux fenêtres, et entre autres un nommé Jehan Neyral, soit-disant valet de chambre de la dame d'Urfé, auquel nous avons fait entendre que nous avons commandement et commission de Monseigneur de la Guiche d'entrer dans le château et y faire perquisition. Lequel est rentré et a fait venir en ladite fenêtre Madame d'Urfé, laquelle a fait faire ouverture du château, où nous sommes entrés, avec nos greffiers et fait perquisition. Ne trouvant dans icelui lesdits d'Urfé et de Genétines, nous avons fait voir l'original de ladite commission à ladite dame. (Rapport de gendarmerie d'Antoine Thomé)>>.
(e) Aucun des deux suspects n'était présent à Châteaumorand. Ils furent convoqués à Lyon le jeudi 18 juillet 1602. On ne connaît pas le détail de la suite. Le duc de Savoie envoya un ambassadeur à Henri IV pour l'assurer de ses bonnes intentions. Peut-être pour plaider sa cause, Honoré d'Urfé est à Paris le 30 août 1602. Il devient bientôt "gentilhomme ordinaire de la chambre du roi". En endossant la dette de Gilbert Hébrais, châtelain de Saint-Germain-Laval, il le sort de la Conciergerie du Palais où il était détenu pour non-paiement des tailles royales. Honoré d'Urfé prépare aussi une édition de ses Epîtres Morales, par un privilège d'auteur daté du 2 juin 1603 et cédé à Jean Micard le 20 juin 1603.
(f) Le succès de L'Astrée à la cour contribua au retour en grâce d'Honoré d'Urfé. L'évêque de Belley (1608-1629), Jean-Pierre Camus, joua peut-être un rôle de médiateur auprès d'Henri IV puis de sa veuve. Après l'assassinat du roi, la reine-régente confie à Honoré des missions diplomatiques auprès du duc de Savoie.
(g) A la limite de Montbrison et de Champdieu, en dérivation du chemin de la Loge, le chemin des Raynes est peut-être une déformation du nom de famille du lieutenant de Forez Benoît Ranyne.
(h) Joseph-Marie d'Urfé, fils de Charles-Emmanuel d'Urfé, épouse Louise de Gontaut-Biron, le 19 septembre 1684.
(i) Plus tard, Armand Louis de Gontaut (1747-1793), duc de Biron, plus connu comme duc de Lauzun, fût un grand séducteur qui tenta même de séduire la reine Marie-Antoinette. Un autre séducteur et joueur, Antonin Nompar de Caumont (1633-1723), comte puis duc de Lauzun, épouse la Grande Mademoiselle en 1681.
(j) Voir Ambassade d'Honoré d'Urfé.
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