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Marguerite de Valois

 

 

(A) La reine Margot.

 

 

(a) Marguerite de Valois, dite "la reine Margot" (1553-1615), mariée à dix-neuf ans, le 23 août 1572, à Henri, roi de Navarre, fut une reine de France d'une très grande beauté.

 

- <<Le besoin d'anxiété, tel était le caractère de la belle Marguerite de Valois, ma tante, qui bientôt épousa le roi de Navarre, que nous voyons de présent régner en France sous le nom de Henry IVe. Le besoin de jouer formait tout le secret du caractère de cette princesse aimable ; de là ses brouilles et ses raccommodements avec ses frères dès l'âge de seize ans. Or que peut jouer une jeune fille ? Ce qu'elle a de plus précieux : sa réputation, la considération de toute sa vie. ("Mémoires" du duc d'Angoulême, fils naturel du roi Charles IX)>>.

 

(b) Fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, sœur de Charles IX, d'Henri III et de François duc d'Alençon puis d'Anjou, Marguerite prend le parti de son frère François, catholique, contre son mari, protestant.

 

(c) A la mort du duc d'Anjou, le 10 juin 1584, son frère Henri III la fait enfermer à Saint-Saturnin puis au château d'Usson, près d'Issoire. Ayant séduit son geôlier, le marquis de Canillac, Margot s'approprie son château et partage sa vie entre ses livres, ses prières et ses amants.

 

(d) C'est Honoré d'Urfé qui lui signale la beauté de la voix (et du corps) de Claude François, fils de chaudronnier qui devint son secrétaire, puis son trésorier puis seigneur de Pominy. Marié (1601) à une fille d'honneur de la reine Margot, il sera aussi seigneur des Grèzes, près de Lamothe et de Brioude.

 

(e) En 1605, Henri IV autorisa son ex-épouse (annulation du mariage en 1593) à quitter Usson et à rentrer à Paris. Elle vécut grand train jusqu'à sa mort le 27 mai 1615. En 1609, elle avait comme aumônier un certain Vincent de Paul (1581-1660). Il sera curé de Clichy en 1611 et aumônier des galères en 1617.

 

(f) En 1598, Louis de la Rochelambert (château à Saint-Paulien) est gentilhomme de l'ancienne reine Margot.

 

(g) Référence littéraire :

 

- <<- Je suppose, lui dit-il, que Mlle de La Mole a hérité de quelque oncle dont elle porte le deuil.

- Quoi ! vous êtes de la maison, dit l'académicien en s'arrêtant tout court, et vous ne savez pas sa folie ? Au fait, il est étrange que sa mère lui permette de telles choses ; mais entre nous, ce n'est pas précisément par la force du caractère qu'on brille dans cette maison. Mlle Mathilde en a pour eux tous, et les mène. C'est aujourd'hui le 30 avril ! Et l'académicien s'arrêta en regardant Julien d'un air fin. Julien sourit de l'air le plus spirituel qu'il put.

Quel rapport peut-il y avoir entre mener toute une maison, porter une robe noire et le 30 avril ? se disait-il. Il faut que je sois encore plus gauche que je ne le pensais.

- Je vous avouerai..., dit-il à l'académicien, et son oeil continuait à interroger.

- Faisons un tour de jardin, dit l'académicien, entrevoyant avec ravissement l'occasion de faire une longue narration élégante. Quoi ! Est-il bien possible que vous ne sachiez pas ce qui s'est passé le 30 avril 1574.

- Et où, dit Julien étonné.

- En place de Grève.

Julien était si étonné, que ce mot ne le mit pas au fait. La curiosité, l'attente d'un intérêt tragique, si en rapport avec son caractère, lui donnaient ces yeux brillants qu'un narrateur aime tant à voir chez la personne qui l'écoute. L'académicien, ravi de trouver une oreille vierge, raconta longuement à Julien comme quoi, le 30 avril 1574, le plus joli garçon de son siècle, Boniface de La Mole, et Annibal de Coconasso, gentilhomme piémontais, son ami, avaient eu la tête tranchée en place de Grève. La Mole était l'amant adoré de la reine Marguerite de Navarre ; et remarquez, ajouta l'académicien, que Mlle de La Mole s'appelle Mathilde-Marguerite. La Mole était en même temps le favori du duc d'Alençon et l'intime ami du roi de Navarre, depuis Henri IV, mari de sa maîtresse. Le jour du mardi gras de cette année 1574, la cour se trouvait à Saint-Germain avec le pauvre roi Charles IX, qui s'en allait mourant. La Mole voulut enlever les princes ses amis, que la reine Catherine de Médicis retenait comme prisonniers à la cour. Il fit avancer deux cents chevaux sous les murs de Saint-Germain, le duc d'Alençon eut peur, et La Mole fut jeté au bourreau.

Mais ce qui touche Mlle Mathilde, ce qu'elle m'a avoué elle-même, il y a sept à huit ans, quand elle en avait douze, car c'est une tête, une tête !... Et l'académicien leva les yeux au ciel. Ce qui l'a frappée dans cette catastrophe politique, c'est que la reine Marguerite de Navarre, cachée dans une maison de la place de Grève, osa faire demander au bourreau la tête de son amant. Et la nuit suivante, à minuit, elle prit cette tête dans sa voiture, et alla l'enterrer elle-même dans une chapelle située au pied de la colline de Montmartre.

- Est-il possible ? s'écria Julien touché.

- Mlle Mathilde méprise son frère, parce que, comme vous le voyez, il ne songe nullement à toute cette histoire ancienne, et ne prend point le deuil le 30 avril. C'est depuis ce fameux supplice, et pour rappeler l'amitié intime de La Mole pour Coconasso, lequel Coconasso, comme un Italien qu'il était, s'appelait Annibal, que tous les hommes de cette famille portent ce nom. Et, ajouta l'académicien en baissant la voix, ce Coconasso fut, au dire de Charles IX lui-même, l'un des plus cruels assassins du 24 août 1572. Mais comment est-il possible, mon cher Sorel, que vous ignoriez ces choses, vous, commensal de cette maison ?

- Voilà donc pourquoi, deux fois à dîner, Mlle de La Mole a appelé son frère Annibal. Je croyais avoir mal entendu.

- C'était un reproche. Il est étrange que la marquise souffre de telles folies... Le mari de cette grande fille en verra de belles ! (Stendhal, "Le Rouge et le noir", 1830, Livre II, Chapitre X)>>.

 

(h) Voir Épîtres Morales. Gondi.

 

 

(B) Marguerite de Navarre.

 

 

Ne pas confondre la reine Margot avec une autre Marguerite de Valois, dite aussi Marguerite d'Angoulême, Marguerite d'Alençon ou Marguerite de Navarre.

 

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