Valromey

 

(a) Le Valromey ou Val Romeux est un "vallon romain", tout comme Font Romeux est une "fontaine romaine". Le Valromey et le pays de Vaud sont conquis par Amédée VI de Savoie (1343-1383), après qu'il ait signé avec la France un traité (1355) fixant les limites de la Savoie et du Dauphiné. Le 17 janvier 1601, au traité de Lyon, le Valromey est rattaché à la France. Il s'agit d'un traité entre Charles-Emmanuel I er de Savoie et Henri IV. La France intègre aussi la Bresse, le Bugey et le pays de Gex. En échange, la France reconnaît au duc de Savoie le marquisat de Saluces.

 

(b) Par le traité de Lyon, les terres d'Honoré d'Urfé, à Senoy, à Virieu-le-Grand et à Bâgé-le-Châtel, passent de la Savoie à la France. Seigneur de Châteauneuf et de Virieu, Honoré d'Urfé doit rendre hommage à son nouveau suzerain, le roi de France. Devant le représentant du roi, le 18 avril 1602, Honoré donne l'aveu et le dénombrement de ses seigneuries de Châteauneuf, de Virieu-le-Grand et de Senoy. Par la suite, ces trois seigneuries sont regroupées dans le comté de Valromey. Les témoins de l'hommage sont de fidèles amis d'Honoré d'Urfé : Gaspard de Genétines (le probable Agathon des Epîtres Morales), Gaspard de Jas (déjà témoin au mariage d'Honoré d'Urfé) et François de Foussat (un autre forézien).

 

(c) Etant donné le passé d'Honoré d'Urfé et malgré son récent mariage avec Diane de Châteaumorand, le gouvernement français se méfiera de ce nouveau Français, encore très Savoyard. Honoré d'Urfé et Gaspard de Genétines seront soupçonnés, à l'occasion de la conspiration du maréchal de Biron.

 

(d) De 1602 à 1612, peut-être pour mieux s'intégrer en France, Honoré n'utilise pas ses titres savoyards. Dans les publications de ses oeuvres, il est qualifié de "gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances". En 1607, la première édition officielle de L'Astrée est dédiée "au Roy très chrétien Henry le Grand". En 1612, par lettres patentes du roi, Monsieur d'Urfé est marquis de Valromey et de Bâgé. Dans la suite de L'Astrée, Honoré d'Urfé fait l'éloge posthume d'Henri IV. Il est décrit sous les traits du roi Euric.

 

- <<Le plus grand et le plus généreux prince qui commanda jamais dans la Gaule, conservé, parmi tant de dangers, pour lui rendre sa splendeur et son repos (...) Entre les réjouissances et les contentements, un parricide, poussé de l'esprit le plus malin d'enfer, vint le ravir, d'un coup qu'il lui donna par trahison dans le cœur. (Honoré d'Urfé, "L'Astrée")>>.

 

(e) Voir Dénombrement d'hommage. Jean-Pierre Camus. Charles de Valois. Valteline. Lascaris. Sybille de Bâgé. Jean-Claude de Lévis. Diane de Châteaumorand à Bonlieu. Guerre de la Valteline.  

 

 

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